Guide des énergies nouvelles
Par opposition aux énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon) limitées et polluantes, on désigne par énergies renouvelables l'usage du bois, du vent, de l'eau, de la chaleur du sous-sol et du rayonnement solaire. Le terme d'énergies nouvelles recouvre en outre les filières encore émergentes.
Une distinction utile
Renouvelable qualifie une ressource qui se reconstitue à l'échelle humaine. Nouvelle qualifie une technologie qui n'est pas encore déployée à grande échelle. Les deux ne se recouvrent pas : l'hydraulique est renouvelable et ancienne, l'hydrogène décarboné est nouveau sans être une source d'énergie, c'est un vecteur, qu'il faut produire.
Cette confusion est fréquente et elle fausse les débats : on compare des filières matures et des technologies en démonstration comme si elles étaient disponibles au même titre.
Filières renouvelables matures
L'hydraulique, l'éolien terrestre et en mer, le photovoltaïque, le solaire thermique, la biomasse et la géothermie de surface sont industriellement déployés, avec des coûts connus et des chaînes d'approvisionnement établies. Leur limite n'est plus technologique : elle est foncière, administrative et sociale.
Filières énergétiques émergentes
L'hydrogène décarboné, produit par électrolyse à partir d'électricité bas carbone. Il n'est pas une source mais un vecteur : il stocke et transporte de l'énergie produite ailleurs. Son rendement de cycle complet est faible, ce qui le réserve aux usages où l'électrification directe est impossible, industrie lourde, chimie, transport maritime et aérien à long terme.
Les énergies marines : houlomoteur, qui exploite la houle, hydrolien, qui exploite les courants de marée, et énergie thermique des mers. Toutes en sont au stade des démonstrateurs, avec un obstacle commun, la tenue des machines en milieu marin, corrosif et violent.
La géothermie profonde, qui vise des roches chaudes à plusieurs kilomètres, et la géothermie sur nappe pour les réseaux de chaleur urbains, déjà déployée en Île-de-France.

Et les carburants de synthèse, produits à partir d'hydrogène et de carbone capté, envisagés pour l'aviation. Leur coût énergétique est considérable : il faut plusieurs kilowattheures d'électricité pour un kilowattheure de carburant.
Rythme réel de la transition énergétique
C'est le point que les annonces politiques rendent difficile à percevoir. Une technologie met des décennies à passer du laboratoire au déploiement de masse, et les précédents historiques sont constants : le photovoltaïque a mis 40 ans, l'éolien 30.
Ce délai n'est pas un défaut d'ambition : il tient à l'industrialisation, à la formation des installateurs, à la constitution des chaînes d'approvisionnement et à l'adaptation des réseaux. Une technologie annoncée aujourd'hui ne pèsera pas avant deux décennies.
C'est aussi pourquoi les scénarios sérieux reposent principalement sur les technologies existantes, et pourquoi la réduction de la demande y occupe une place aussi importante : c'est le seul levier disponible immédiatement.
Cadre politique de l'énergie
Le protocole de Kyoto, puis l'accord de Paris, ont fixé des engagements de réduction. En France, le Grenelle de l'environnement, puis les lois relatives à la transition énergétique et au climat, ont fixé des objectifs de part renouvelable et de réduction des consommations, déclinés en programmations pluriannuelles.
Un constat fait consensus chez les acteurs, quels que soient leurs choix par ailleurs : l'instabilité des règles coûte plus cher que leur sévérité. Un cadre exigeant et prévisible permet d'investir ; un cadre souple mais changeant paralyse.